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04/09/2016 par

Franklin, Amundsen et les autres

La glace nous laissera t-elle un passage vers le Pacifique? La grande question depuis le jour où nous avons choisi notre itinéraire. Tout miser sur un coup de chance ? Les chiffres montrent qu'il y a de moins en moins de glace mais les années ne se ressemblent pas.

Le Groenland a familiarisé l'équipage à la navigation dans les icebergs. Impressionnants par leur taille, leur couleur et le côté un peu mystique qu'ils représentent, on peut toujours en faire le tour. La banquise c'est plus compliqué. C'est bas, souvent dans le brouillard, et peut s'étendre d'ici jusqu'au pôle Nord. Et c'est quand on est pris dedans qu'apparaît toute la faune locale rampant sur la glace avec leurs grands yeux qui vous regardent en disant, ah et bien eux ils sont pas sortis de l'auberge.

Et bien non ! On a vu de la glace et on a parfois bien transpiré pour en sortir. Ne pas en voir aurait enlevé une partie de ce qu'on était venu chercher si loin. Bien que quelque homme de quart mal réveillé ait laissé cogner de la glace ça et là. Rien de trop gros qu'on n'ai pu enfiler dans un cocktail. Bon, et puis il est solide le Bonavalette.

Des monts enneigés de l'île de Baffin aux décors lunaires de Resolute (station qui n'a que lieu d'être sinon que de marquer le territoire), de Gjoa Haven à Tuktoyatuk et filant vers la pointe Barrow et Nome, nous voyons défiler les milles ayant pour paysage l'immensité déserte des eaux arctiques et les côtes plates couvertes de mousse où les arbres ne poussent pas. Mais habités par une faune inconnue, ou du moins seulement dans les encyclopédies : Ours blancs, bœufs musqués, pétrels fulmares, sternes arctiques (nous avons décrété que chaque être vivant non identifié pouvait porter un nom connu, suivie de -arctique, dans le doute), des bélougas, des narvals qui oui existent encore, et un nombre incalculable de phoques, dont notre ami Bob, apprivoisé par David et entraîné à rapporter notre ballon de foot au bateau.

L'expérience du Nord-Ouest nous a donné l'espace d'un instant l'impression d'être des explorateurs à l'époque ou tout ou presque a déjà été découvert, l’adrénaline de la glace et des tempêtes polaires, et surtout la chance d'admirer cette lumière si particulière à l'arctique. Le soleil qui ne touche plus l'horizon et les aurores boréales (encore timides). Nous avons apprécié la solitude infinie, mais aussi les rencontres inattendues avec d'autres voiliers, les discussion nocturnes avec des cargos qui passent et surtout les contacts avec les inuits. Gens curieux et accueillants, fiers de leur traditions et de leurs trophées de chasse, qui il faut bien l'avouer imposent un certain respect.

Néanmoins le Nord-Ouest c'est long. On pense déjà au moment ou chaque navigation ne devra pas durer 8 jours et où on pourra prendre plus de temps à explorer les terres (sans se retourner toutes les 5 minutes à causes des ours polaires). En fait on aurait pleins de choses à raconter et encore plus de photos à montrer. Ça tombe bien, on prépare un petit film pour cet hiver, surprise.

Donc 3000 Milles après le Groenland nous arrivons en Alaska. Ça sonne froid d'habitude, mais nous on a l'impression d'être de nouveau au chaud.  100 ans après le premier passage de Roald Amundsen, le Bonavalette a lui aussi franchi le passage du Nord-Ouest.

 

Bon maintenant on va boire une bière (car comme on dit ici, entre le Groenland et l'Alaska, c'est régime sec).

Carnet de bord

  • Position:

    64° 30' 04.03"N

    165° 25' 13.5"E

    Nome, Alaska

     

     


  • Milles:

    21150


  • Température:

    10°C


  • Météo:

    Quel bonheur de profiter de l'été encore un peu, l'eau n'a plus 0°, mais 15°. Ce qui nous donne moins l'impression d'habiter au fond d'un congélateur.


  • Rouleaux de PQ:

    refait le plein


  • Cave à vin:

    régime presque sec