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01/06/2017 par

Au bout du monde

1,2,3… Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins qui dansent.. STOP, ils dansent pas au début, ils chantent ! Allez on recommence…

1,2,3...Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins qui chantent les rêves qui les hantent…

-     C’est un peu haut pour chanter en fait, on peut pas jouer un plus bas ?

-       Pffff.. J’ai appris ces accords, ça va me prendre une semaine pour les trouver et savoir les jouer… On est pas sortie de l’auberge

Bref, on a finalement pas osé chanter sur la tombe de Jacques Brel, à Atuona sur l’île d’Hiva Oa, de peur de se faire foudroyer dès la première note. Nous nous sommes donc rabattu sur des activités plus à notre portée comme la marche et le snorkeling.

Mais heureusement, ce paysage volcanique ne nous a jamais déçu nous nous sentons bien petit au milieu de ces vallées profondes étrangement découpées. Nous en profitons généralement pour procéder à la douche de l’équipage la plupart du temps dans bassin de rivière ou au pied d’une grande cascade.

Le grand avantage de la Polynésie, c’est qu’elle est épargnée par la plupart des maladies, parasites et animaux dangereux que l’on trouve habituellement à ces latitudes. Cependant, nous avons découvert notre plus grand ennemi sur l’île de Ua-Pou…. Alors que, même dans les régions tropicales ou encore au Groenland, on nous avait promis des nuées de moustiques prêtes à nous dévorer, nous n’avons jamais eu de problème. Seulement nous ne connaissions pas encore le terrible « Nono » dévoreur de chair fraiche ! En réalité une dame nous avait prévenu que la plage où nous nous rendions en était infesté. Sur place, aucune trace de moustique, d’ailleurs nous étions trop excités à tester nos nouveaux kites Gin que nous ne nous en sommes pas préoccupés. En revenant, nous recroisons la même dame en lui disant que ces fameux Nonos avaient sûrement du changer de plage…

Ce que nous ne savions pas c’est qu’on ne sent pas tout de suite les piqures de Nonos, qui sont en réalité des entailles dans la peau. C’est seulement le lendemain matin que les démangeaisons ont commencé… Elles ont cessé 5 jours plus tard après d’affreuses réactions.

La cueillette de pamplemousse, de noix de coco, de régime de banane et de fruit à pain est rapidement devenue une habitude. Les Marquisiens en ont tellement dans leurs jardins que dès qu’on leur demande quelques fruits, on est rapidement à la recherche d’une brouette pour transporter la marchandise. Inspiré par les chasseurs polynésiens, nous avons sorti notre arc et notre fronde afin de nous entrainer sur les poulets avant de nous attaquer au cochon sauvage. Nous avons finalement passé plus de temps à chercher la flèche dans les buissons qu’à nous délecter de la chair du Gallinacé. Nous avons tout de même appris les secrets de la chasse au poulet et de la préparation de la viande grâce à un marquisiens sur Fatu Hiva, qui avait probablement un peu pitié de nous. L’accueil en général est toujours très chaleureux, sans arrière-pensée. On dirait que la culture du dollar n’a pas réussi à percer ici. D’ailleurs la plus grande partie du temps, les gens étaient plus intéressés par du matériel de pêche ou des habits que par nos portemonnaies.

Le sport national est évidemment le surf. Dès qu’une petite houle rentre dans la baie, les enfants sortent leur petit bodyboard et les plus expérimentés nagent vers les gros rouleaux sur leur planche de surf. Le seul jour où nous prenons notre planche de surf sur la plage d’Atuona, les vagues sont un peu plus grosses que ce que nous pensions. Après 2 heures dans l’eau à ce faire retourner dans tous les sens, nous sommes lessivés et décidons d’aller boire une petite Hinano sur une terrasse sympa après tant d’effort…

Bien que l’archipel ne soit pas très grand, chaque île a sa propre culture, ses propres danses et tatouages. Il y a beaucoup d’espace vert et nous pouvons croiser quelques ermites venus dans ces îles loin du rythme de vie occidentale. A Ua-Pou, nous avons rencontré cet allemand un peu déjanté qui est venu s’installer il y a 20 ans au fond d’une vallée au milieu de la forêt avec sa femme marquisienne pour y vivre une vie en autarcie en élevant quelques bêtes et cultivant entre autre du cacao pour la confection de son propre chocolat. On y croyait pas trop mais ce chocolat était excellent et valait mieux que certains chocolast suisses destinés à la grande distribution…

Nous avons passé nos derniers jours aux Marquises aux abords de Nuku-Hiva où nous avons récupéré notre grand-voile envoyé 3 semaines plus tôt à Papeete pour réparation. Lionel, sympathique navigateur solitaire nous a prêté sa machine à coudre afin de réparer un des deux spis que nous avons déchiré pendant la traversée.

C’est avec un petit pincement au cœur mais remplis de très bons souvenirs que nous disons au revoir à Martin qui va continuer sa route vers Tahiti et la Nouvelle-Zélande. Marina vient rapidement compléter l’équipage en plus de Noémi, Alexandre, Lucien et David..

Après un mois passé dans ce cadre magnifique, il est temps de faire de la route et de nous diriger vers l’archipel des Tuamotus.

Carnet de bord

  • Position:

    16°03'10.8"S 145°37'29.7"W Fakarava


  • Milles:

    32000


  • Température:

    29°C


  • Météo:

    Tout le temps grand soleil