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30/08/2017 par

Mauruuru

Arrivés à Tahiti, nous nous cognons brutalement à la civilisation. Les voitures, les supermarchés (à la française, là où on vous propose 45 sortes de beurres différents), nous avons quelque peu perdu l’habitude. Heureusement Karine Maire, qui y vit depuis quelques mois, nous accueille à bras ouverts et nous initie un peu à la grande ville. A notre grand soulagement, malgré la taille impressionnante de Papeete, quelques minutes dans un sens ou dans l’autre nous font vite retrouver la vie à la tahitienne, les roulottes fumantes et les gens assis dans leur voiture avec la musique à fond en train de siffler une Hinano.

Notre ami Florian se joint à nous pour explorer les îles de la Société. Programme intense pour lui qui a 24 heures d’avion dans les pattes avec l’ascension du mont Aroai (2000m quand même) en 2 jours, nuit au sommet avec sac de couchage trop fin (sur les conseils avisés de l’équipage). Nous enchaînons avec l’anniversaire de David le 14 juillet. Mais l’état des troupes est des plus mauvais, ne pouvant même plus descendre une marche d’escalier. Nous nous contentons donc de quelques ti-punchs au soleil couchant et d’une fondue. Nous rejoignons ensuite Fiona et Robin dans les îles, un couple de jeunes canadiens qui naviguent sur Monark, un Dufour 35 comme le nôtre et qui partagent notre goût pour les soirées musicales. Grâce à eux qui savent en faire (de la musique), notre énergie débordante se transforme en quelque chose d’audible, enfin si on n’est pas trop pénible.

Nous avons la chance pendant ce mois de juillet d’assister sur chaque île au Heiva. Festival annuel qui comporte surtout des compétitions de danses et de chants traditionnels, mais aussi des compétitions sportives. Par contre les polynésiens ne se spécialisent pas dans la lutte à la culotte et le hockey sur glace. Ici c’est plutôt le va’a (pirogue traditionnelle à balanciers), le soulever du caillou (un air de déjà-vu), le coprah (décorticage en un temps record de noix de coco), le jet de lances en bambou et le grimper de cocotiers, discipline dans laquelle les délégations samoanes présentes ne laissent que peu de chances aux locaux.

La dernière étape pour nous en Polynésie sera Bora-Bora. Nous y retrouvons mamie Irma, Ella, tatie Ruta, tatie Miri. Nos tantes de Polynésie que nous avions vu pour la dernière fois il y a presque 10 ans, lorsqu’elles avaient visité la Suisse et habité chez nous à Corsalettes pendant quelques temps. Nous leur avions promis que nous viendrions ici, avec ce bateau, alors que le projet existait tout juste. Elles nous parlent de Jean-Paul, notre papa, encore présent dans leurs bons souvenirs. Elles nous racontent qu’à sa disparition, une messe avait été organisée pour lui à l’église catholique de Bora-Bora et que c’était paru dans la gazette de l’île. Par contre pas de trace de demi-frères ou demi-sœurs supplémentaires..

Nous y restons presque 3 semaines, car le passeport de David (volé un mois plus tôt à Tahiti) prend du temps à venir jusqu’ici, étonnant. Nous nous occupons sur nos planches de kite ou en mettant la main à la pâte pour aider nos taties, qui pour nous remercier nous font prendre au moins 5 kilos.

A notre départ pour les Samoa, nous nous retrouvons chargés d’une quantité incroyable de colliers de coquillages, de fleurs de tiaré et de nacre et de paréos. Peut-être que nous y reviendrons, qui sait. Ce qui est sûr c’est que nous serons bien accueillis et que nous nous sentirons, comme cette fois, un peu à la maison. Mais avant de quitter le célèbre lagon, nous sommes priés en souvenir de Jean-Paul, de jeter chacun un collier de fleur à la mer. Cette fois nous serons allés aussi loin que lui. À nous maintenant de découvrir la suite.

Carnet de bord

  • Position:

    13° 49' 6"S

    171° 45' "W

    Apia, Western Samoa


  • Milles:

    34000


  • Température:

    27°C


  • Météo:

    ça caille comme dirait les locaux. Oui c'est l'hiver ici. enfin toutes proportions gardées, il fait quand même 27 degrés.


  • Cave à vin:

    dégommé ce qui restait